Les lois qui régissent les relations entre employés et employeurs n’ont jamais cessé d’évoluer. Mais l’apparition du concept de syndicat a été un tournant décisif de l’histoire du travail. Le monde du travail doit une grande partie de son aspect actuel au dialogue social. Dans cet article, nous allons donner une définition claire du dialogue social et préciser les conditions indispensables pour qu’il soit possible. En dernier lieu, nous verrons l’importance de la contribution de l’Etat et du BIT dans le processus.

Qu’est-ce que le dialogue social ?

Le dialogue social est l’ensemble des méthodes, des processus et des moyens mis en place pour favoriser la compréhension, le partage d’informations et les négociations entre les employeurs, les salariés et le gouvernement. Il a pour but ultime de provoquer un consensus entre les différents acteurs. Les problèmes traités sont d’ordre économique et social. Le dialogue social se décline en deux formes : la forme tripartite dont les acteurs sont les employeurs, les employés et le gouvernement ; et la forme bipartite avec seulement les employeurs et les employés comme parties. En général, les travailleurs sont représentés par des syndicats. Les employeurs quant à eux se regroupent dans des organisations d’employeurs pour défendre leurs intérêts. Lors d’une négociation dans le cadre du dialogue social, l’enjeu va plus loin que de trouver un terrain d’entente entre les parties. L’issue du processus aura aussi des répercussions sur l’économie du pays. Parfois même, certains dialogues arrivent à influencer les lois du pays dans certains domaines.

Les conditions à réunir pour permettre le dialogue social

Le dialogue social nécessite des conditions bien précises pour pouvoir être mis en place. Premièrement, il faut une forte volonté politique émanant de toutes les parties concernées. Autrement, il y aurait de fortes chances que la négociation collective soit stérile. Puis, les parties doivent s’engager à respecter les droits fondamentaux indispensables au dialogue social, notamment la liberté syndicale. Aussi, une condition qu’on ne peut pas esquiver est la possibilité de toutes les parties à accéder aux informations nécessaires au dialogue. Trop souvent, les syndicats d’employés ne possèdent pas suffisamment de compétences techniques pour faire le poids face aux chefs d’entreprises durant les négociations. Enfin, il faut une participation impartiale de l’Etat tout au long du processus.

Quelle est le rôle de l’Etat et du BIT exactement ?

Même si la négociation ne nécessite aucune intervention directe de l’Etat, le dialogue social est impossible à réaliser s’il est passif pendant le processus. Son rôle le plus important est de créer et garder un climat politique stable. Sans cela, la crainte des représailles pourrait nuire aux syndicats et aux associations de chefs d’entreprises et étouffer ainsi les négociations. Même dans une relation bipartite, l’Etat ne se dégage pas du tableau. En effet, il faut un cadre juridique et institutionnel dans lesquels ces parties pourront agir. Et cela relève uniquement de l’Etat. Le BIT offre une aide aux Etats membres dans la mise en place d’institutions et des dispositifs utiles pour le dialogue social. C’est dans le but de favoriser le développement économique des Etats membres qu’il soutient le dialogue social.