Nombre d’experts-comptables en france

La profession d’expert-comptable en France connaît une évolution remarquable, avec plus de 21 600 professionnels inscrits à l’Ordre en 2023. Cette croissance constante de 12% depuis 2015 témoigne de la vitalité d’un secteur qui accompagne quotidiennement près de 4 millions d’organisations françaises. L’expertise comptable française se distingue par sa densité géographique inégale et ses défis démographiques majeurs, notamment avec 50% des experts-comptables âgés de plus de 50 ans. Cette profession réglementée, pilier de l’économie nationale, génère un chiffre d’affaires avoisinant les 20 milliards d’euros et emploie plus de 175 000 salariés à travers l’Hexagone.

Évolution statistique de la profession comptable française de 2019 à 2024

Analyse des données de l’ordre des experts-comptables (OEC)

Les statistiques officielles de l’Ordre des experts-comptables révèlent une progression constante et maîtrisée du nombre de professionnels inscrits. En 2023, la France comptabilise précisément 21 611 experts-comptables, marquant une augmentation de 12% par rapport aux 19 284 professionnels recensés en 2015. Cette croissance annuelle moyenne de 1,5% s’accompagne d’une évolution encore plus marquée du côté des structures d’exercice.

Parallèlement, le nombre de sociétés d’expertise comptable a explosé avec une progression de 29% sur la même période. Cette dynamique entrepreneuriale illustre la transformation profonde des modalités d’exercice professionnel, avec une tendance croissante vers la création de structures sociétaires plutôt que l’exercice libéral individuel. Les données de février 2024 confirment cette tendance avec 19 490 sociétés ou associations d’expertise comptable inscrites à l’Ordre.

Comparaison régionale : Île-de-France versus Auvergne-Rhône-Alpes

L’Île-de-France domine largement le paysage comptable français avec 6 476 experts-comptables inscrits, soit 30% de l’effectif national. Cette concentration exceptionnelle s’explique par la densité du tissu économique francilien et la présence des sièges sociaux des grandes entreprises. La région compte également 6 075 sociétés d’expertise comptable, créant un écosystème particulièrement dense et concurrentiel.

En comparaison, l’Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région française, rassemble 12% des experts-comptables nationaux. Cette différence significative illustre l’attractivité économique de la capitale, bien que les métropoles régionales comme Lyon développent progressivement leur attractivité pour les professionnels du chiffre. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur complète ce podium avec 10% des effectifs, bénéficiant du dynamisme entrepreneurial méditerranéen.

Impact démographique sur la densité professionnelle par département

La répartition départementale des experts-comptables révèle des disparités importantes liées à la démographie et au développement économique local. Les départements urbains affichent naturellement les plus fortes concentrations, avec des ratios dépassant souvent 1 expert-comptable pour 1 000 habitants dans les zones métropolitaines. Cette densité facilite l’accès aux services comptables pour les entreprises, créant un cercle vertueux de développement économique.

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À l’inverse, certains départements ruraux peinent à attirer et retenir les professionnels comptables. Cette rareté des experts-comptables crée de véritables « déserts comptables », où le nombre de cabinets ne suffit plus à couvrir toutes les entreprises locales. Les dirigeants doivent parfois se tourner vers des cabinets situés dans d’autres départements, avec des échanges à distance qui ne conviennent pas à tous les profils d’entrepreneurs. À moyen terme, cette faible densité professionnelle pose un enjeu de continuité du service, en particulier dans les territoires où la population des experts-comptables est vieillissante.

Ce déséquilibre démographique alimente également des écarts de charge de travail entre territoires. Dans certains départements urbains, les cabinets d’expertise comptable font face à une forte concurrence, tandis que dans d’autres zones, les rares structures en place doivent gérer des portefeuilles de clients très étendus. Pour les jeunes diplômés, ces territoires moins denses peuvent pourtant représenter une opportunité stratégique de développement, avec un accès plus rapide à l’association ou à la reprise de cabinet.

Corrélation entre PIB régional et nombre d’experts-comptables inscrits

Lorsque l’on met en regard le nombre d’experts-comptables en France avec le PIB régional, une corrélation nette apparaît. Les régions qui génèrent le plus de richesse – Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nouvelle-Aquitaine – concentrent également la majorité des professionnels du chiffre. Plus le tissu économique est dense, plus les besoins en accompagnement comptable, fiscal et en conseil de gestion sont importants.

Cependant, cette corrélation n’est pas mécanique. Certaines régions affichent un PIB élevé mais une densité d’experts-comptables légèrement inférieure, notamment lorsqu’une partie des services comptables est internalisée dans les grandes entreprises. À l’inverse, des territoires à PIB plus modeste peuvent compter un nombre significatif de cabinets en raison d’un fort maillage de TPE-PME locales. Pour vous, dirigeant ou futur expert-comptable, cela signifie qu’il faut analyser à la fois le niveau de richesse produite et la structure du tissu entrepreneurial pour comprendre la demande réelle en expertise comptable.

En pratique, les régions à forte valeur ajoutée industrielle ou tertiaire supérieure attirent davantage les grandes structures d’audit et les réseaux internationaux. Les experts-comptables y exercent plus souvent dans des cabinets moyens ou grands, avec des missions complexes et souvent sectorisées. À l’opposé, les régions moins riches mais très entrepreneuriales – par exemple avec beaucoup de micro-entreprises ou d’artisans – offrent un marché plus orienté vers les missions comptables classiques et l’accompagnement de proximité.

Répartition géographique des cabinets d’expertise comptable en france métropolitaine

Concentration urbaine dans les métropoles : paris, lyon, marseille

La carte des cabinets d’expertise comptable en France suit, sans surprise, celle des grandes métropoles. Paris et sa petite couronne regroupent une part considérable des 19 000 sociétés d’expertise comptable, avec un écosystème allant du cabinet unipersonnel aux grands réseaux internationaux. Lyon et Marseille, capitales économiques de leurs régions respectives, concentrent elles aussi un nombre élevé de cabinets, souvent spécialisés par secteur (industrie, services, professions libérales).

Dans ces métropoles, la densité de cabinets d’expertise comptable se traduit par une forte concurrence mais aussi par une grande diversité de positionnements : cabinets full digital, structures de niche, acteurs orientés conseil stratégique, etc. Pour les entreprises, cela signifie un large choix de partenaires, capables de répondre aussi bien à des besoins de tenue comptable qu’à des projets plus pointus (restructuration, croissance externe, internationalisation). On peut presque comparer ces métropoles à des « hubs comptables », où l’offre se structure comme dans un grand marché spécialisé.

Pour les professionnels eux-mêmes, ces bassins urbains offrent des opportunités de carrière variées : spécialisation sectorielle, passage d’un cabinet à un autre, évolution vers l’audit ou le conseil financier. Mais cette attractivité a un revers : les attentes des clients y sont plus élevées, la pression concurrentielle forte et le recrutement de talents parfois tendu. C’est l’un des paradoxes du nombre d’experts-comptables en France : là où ils sont les plus nombreux, la pénurie de profils expérimentés reste réelle.

Déserts comptables en zones rurales : creuse, lozère, cantal

À l’opposé des métropoles, certains départements comme la Creuse, la Lozère ou le Cantal font face à une réelle fragilité en matière d’offre comptable. Le nombre de cabinets y est limité, souvent constitué de petites structures historiques dont les associés approchent de la retraite. Pour les entreprises locales, trouver un expert-comptable disponible, prêt à s’investir à long terme, devient parfois un véritable défi.

Ces « déserts comptables » rappellent, par analogie, les déserts médicaux : la demande est bien présente, mais l’offre peine à se renouveler. La faible densité de population, l’éloignement des grands centres urbains et les difficultés de recrutement rendent l’installation de jeunes experts-comptables plus rare. Pourtant, pour qui souhaite développer un cabinet de proximité, ces territoires représentent des opportunités de reprise d’activité et de croissance quasi assurée, avec une clientèle souvent fidèle et attachée à la relation humaine.

Les organisations professionnelles alertent d’ailleurs depuis plusieurs années sur cet enjeu d’équilibre territorial. Si vous envisagez une installation en libéral, analyser ces zones rurales peut être une stratégie gagnante, à condition de bien anticiper les problématiques de mobilité, de recrutement local et d’outillage numérique. Le développement de la comptabilité en ligne permet cependant de limiter une partie des contraintes géographiques, tout en conservant un ancrage de terrain.

Pôles économiques émergents : toulouse, nantes, montpellier

Au-delà des grandes métropoles historiques, de nouveaux pôles économiques émergent et tirent le marché de l’expertise comptable vers le haut. Toulouse, portée par l’aéronautique et la tech, Nantes, dynamique sur le numérique et les services, ou encore Montpellier, en forte croissance démographique, voient leur nombre de cabinets augmenter régulièrement. Ces villes attirent à la fois des structures nationales qui y ouvrent des bureaux et des cabinets locaux qui se développent rapidement.

Dans ces territoires, le profil des clients est souvent marqué par la présence de start-up, de PME innovantes et d’entreprises en forte croissance. Les cabinets d’expertise comptable y sont donc particulièrement sollicités pour des missions de conseil en financement, gestion de trésorerie, structuration juridique ou accompagnement à l’international. Si vous recherchez un environnement stimulant, où l’expert-comptable est perçu comme un partenaire stratégique plutôt que comme un simple technicien du bilan, ces pôles émergents constituent des bassins très attractifs.

On y observe également une plus forte appétence pour les outils digitaux, les plateformes collaboratives et les modèles d’expertise comptable en ligne. La concurrence ne se joue plus uniquement sur le prix, mais sur la capacité à accompagner la croissance des entreprises et à anticiper leurs besoins. C’est là que le nombre d’experts-comptables en France prend tout son sens : ce n’est pas seulement une question de volume, mais de matching entre compétences disponibles et besoins des écosystèmes locaux.

Spécificités des départements d’outre-mer (DOM-TOM)

Les départements et territoires d’outre-mer représentent environ 3 % des experts-comptables français, mais leurs réalités sont très spécifiques. La taille réduite des marchés, l’éloignement géographique et les particularités fiscales (zones franches, régimes spécifiques, dispositifs d’aide) exigent des compétences pointues. Les cabinets d’expertise comptable y jouent un rôle central d’accompagnement des entreprises locales, souvent tournées vers le tourisme, l’import-export, l’agroalimentaire ou les services.

Le nombre d’experts-comptables y est parfois insuffisant pour répondre à l’ensemble des besoins, notamment dans les périodes de forte actualité fiscale ou sociale. De plus en plus de cabinets métropolitains développent donc des antennes ou des partenariats dans les DOM-TOM, pour proposer une expertise mixant connaissance du terrain et ressources élargies. Pour les professionnels intéressés par une carrière en outre-mer, ces territoires offrent un cadre de vie différent, mais aussi des dossiers techniquement variés.

On observe également une féminisation plus marquée parmi les jeunes générations d’experts-comptables ultramarins, en ligne avec les tendances nationales. La digitalisation permet par ailleurs de réduire la dépendance à la taille du marché local, en ouvrant la possibilité de gérer des clients situés en métropole, tout en restant implanté dans un département d’outre-mer. Là encore, la question n’est pas seulement de compter le nombre d’experts-comptables en France, mais de comprendre comment leur répartition répond (ou non) aux enjeux économiques de chaque territoire.

Structure démographique et profils des experts-comptables français

Pyramide des âges : vieillissement de la profession

La pyramide des âges des experts-comptables en France met en lumière un phénomène clé : le vieillissement de la profession. Environ 50 % des professionnels ont plus de 50 ans, et seulement 20 % ont moins de 40 ans. Cette structure démographique laisse présager un volume important de départs en retraite dans les dix à quinze prochaines années, avec un impact direct sur le nombre de cabinets disponibles, en particulier dans les zones déjà fragiles.

Pour les jeunes diplômés, cette situation crée une fenêtre d’opportunités exceptionnelle. Reprise de cabinets, association rapide, élargissement des responsabilités managériales : les perspectives d’évolution sont nombreuses pour celles et ceux qui souhaitent s’investir dans la durée. Mais cela implique aussi de se préparer à gérer des transitions délicates, notamment en matière de transmission de clientèle, de management d’équipe et de digitalisation des outils.

Ce vieillissement pose par ailleurs un enjeu de transfert de compétences. Comment s’assurer que l’expertise accumulée par des professionnels expérimentés soit correctement transmise aux nouvelles générations ? De plus en plus de structures mettent en place des parcours de mentorat ou des organisations en binômes senior/junior pour sécuriser cette passation. Là encore, le nombre d’experts-comptables en France ne dit pas tout : la question centrale devient celle de la capacité de renouvellement de la profession.

Féminisation croissante du métier depuis 2010

Autre tendance lourde : la féminisation progressive de la profession. En 2023, les femmes représentent environ 31 % des experts-comptables inscrits, contre 25 % environ en 2015. La progression est encore plus nette parmi les experts-comptables stagiaires et les mémorialistes, où elles atteignent 44 à 45 % des effectifs. Concrètement, cela signifie que la proportion de femmes va continuer d’augmenter parmi les inscrits à l’Ordre dans les prochaines années.

Pour autant, la parité n’est pas encore atteinte dans les postes à responsabilité. Seuls 22 % des cadres du secteur de l’expertise comptable sont des femmes, alors que ces dernières sont largement majoritaires parmi les employés. On retrouve la même dynamique que dans d’autres professions libérales : l’accès aux fonctions d’associé ou de direction de cabinet reste plus lent. La bonne nouvelle ? Dans la tranche d’âge 30-35 ans, la proportion de femmes atteint déjà 40 %, ce qui laisse augurer une évolution structurelle du leadership dans les cabinets.

Cette féminisation transforme progressivement les modes de management, les attentes en matière d’équilibre vie professionnelle / vie personnelle et les pratiques de recrutement. Vous envisagez une carrière dans l’expertise comptable en tant que femme ? Les chiffres montrent clairement que la profession s’ouvre et que les perspectives d’accès au DEC, puis à l’association, sont de plus en plus favorables. Les enjeux d’égalité salariale, de progression de carrière et de représentation restent cependant au cœur des débats professionnels.

Analyse des diplômes : DEC, DSCG, masters CCA

Devenir expert-comptable en France suppose un parcours de formation long et exigeant. Le schéma classique passe par le DCG (bac+3), le DSCG (bac+5), puis le stage de 3 ans en cabinet et le DEC. À cela s’ajoutent les masters CCA (Comptabilité, Contrôle, Audit), qui permettent d’obtenir des dispenses partielles d’épreuves du DSCG et constituent une voie d’accès privilégiée pour de nombreux étudiants. Ce niveau d’exigence explique en partie que le nombre d’experts-comptables en France reste relativement limité au regard du nombre d’entreprises.

Selon les données de l’Ordre, plus de 7 400 experts-comptables stagiaires étaient en exercice en 2022, auxquels s’ajoutaient plus de 5 200 mémorialistes. On parle donc de plus de 12 000 futurs experts-comptables engagés dans le processus de qualification, dont les deux tiers ont moins de 30 ans. Cela permet d’envisager un certain renouvellement des effectifs, même si tous n’iront pas jusqu’au bout du DEC.

Pour vous, étudiant ou professionnel en reconversion, il est important de bien mesurer la durée et l’intensité de ce parcours. L’obtention du DEC intervient rarement avant 30 ans, mais elle ouvre ensuite l’accès à une profession réglementée, reconnue et protégée. À côté du cursus historique DCG/DSCG/DEC, certains choisissent des voies mixtes (écoles de commerce, masters spécialisés, certification complémentaire en audit ou finance d’entreprise), ce qui contribue à diversifier les profils au sein des cabinets.

Spécialisations sectorielles : BTP, agriculture, professions libérales

Si tous les experts-comptables en France partagent un socle de compétences communes, une part croissante d’entre eux choisit de se spécialiser. Certains cabinets concentrent leur activité sur le BTP, d’autres sur l’agriculture, le médico-social, les professions libérales ou encore les associations. Pourquoi cette tendance ? Parce que chaque secteur possède ses règles comptables, fiscales et sociales spécifiques, et que la valeur ajoutée du conseil est bien plus forte lorsqu’on maîtrise en profondeur ces particularités.

Dans le secteur agricole par exemple, la gestion des aides, des stocks, des immobilisations ou des GAEC nécessite une expertise fine. Dans le BTP, ce sont les problématiques de chiffre d’affaires à l’avancement, de sous-traitance et de couverture des risques qui dominent. Les professions libérales, elles, attendent un accompagnement sur la protection sociale, la retraite, le choix de structure ou encore la gestion de la trésorerie personnelle/professionnelle. Autrement dit, derrière le nombre global d’experts-comptables en France, se cache une mosaïque de spécialités.

Pour les dirigeants, choisir un cabinet spécialisé dans leur secteur peut faire toute la différence en termes de qualité de conseil. Pour les jeunes professionnels, se positionner sur une niche sectorielle permet de se différencier, de mieux valoriser son expertise et, souvent, de pratiquer des honoraires plus cohérents avec la complexité des missions. La montée en puissance des outils numériques – logiciels métiers, tableaux de bord sectoriels, data visualisation – renforce encore cette logique de spécialisation.

Modalités d’exercice professionnel et structuration du marché

Le marché de l’expertise comptable en France se caractérise par une grande diversité de modalités d’exercice. Une majorité d’experts-comptables exercent au sein de sociétés d’expertise comptable, souvent organisées en SARL, SELARL, SAS ou SELAS. Les structures purement individuelles existent toujours, mais leur part recule au profit des formes sociétaires, qui facilitent l’association, la transmission et l’ouverture du capital. Cette évolution se traduit par la croissance rapide des sociétés de participations d’expertise comptable et des sociétés pluriprofessionnelles d’exercice.

On distingue classiquement trois grands segments de marché : les TPE de l’expertise comptable (moins de 10 salariés), qui représentent environ 7 cabinets sur 10, les cabinets de taille intermédiaire (10 à 49 salariés) et les grands cabinets, souvent membres de réseaux nationaux ou internationaux. Les « Big Four » et quelques grands groupes dominent le segment de l’audit et des grandes entreprises, tandis que les petites et moyennes structures concentrent l’essentiel de l’accompagnement des TPE-PME, artisans, commerçants et professions libérales.

Les modes d’exercice se transforment aussi sous l’effet du digital. Les cabinets 100 % en ligne, ou à forte composante dématérialisée, se développent rapidement, notamment auprès des créateurs d’entreprise et des indépendants. Ils misent sur l’automatisation de la saisie, l’intégration bancaire et des interfaces simples pour proposer des tarifs plus compétitifs. Est-ce à dire que l’expert-comptable de proximité est voué à disparaître ? Loin de là : la demande de conseil humain reste forte, mais elle se combine désormais avec des outils digitaux plus performants.

La structuration du marché reflète enfin un mouvement de concentration progressive. De nombreux cabinets de petite taille rejoignent des réseaux, se regroupent ou se font racheter par des structures plus importantes. Les raisons sont multiples : mutualisation des investissements numériques, attractivité accrue pour les talents, capacité à proposer une palette plus large de services (audit, conseil, gestion de patrimoine, accompagnement RSE, etc.). Pour vous, client ou futur professionnel, cela signifie que le choix ne se fera plus seulement entre « petit cabinet local » et « grand cabinet international », mais entre une variété de modèles hybrides.

Perspectives d’évolution et enjeux de recrutement sectoriels

Les perspectives d’évolution du nombre d’experts-comptables en France sont directement liées aux besoins en recrutement de la branche. Selon l’OMECA, la profession crée en moyenne plus de 4 500 emplois nets par an depuis 2018. D’ici 2025, ce sont plus de 12 000 à 13 000 collaborateurs supplémentaires qui pourraient être embauchés, sans compter le remplacement des départs naturels. Les métiers les plus recherchés restent ceux de la production comptable, du social (paie, RH) et du conseil aux entreprises.

Pourtant, près de 60 % des cabinets qui recrutent déclarent rencontrer des difficultés à pourvoir leurs postes, surtout pour des profils expérimentés. Comment expliquer ce paradoxe dans un secteur qui offre des perspectives de carrière stables, des responsabilités rapides et une rémunération plutôt attractive ? L’image du métier, encore associée à des tâches répétitives et peu valorisées, joue un rôle important. La réalité est pourtant bien différente, avec une montée en puissance des missions de conseil, d’accompagnement stratégique et de pilotage de la performance.

Pour attirer et fidéliser les talents, les cabinets développent de nouvelles pratiques : télétravail, flexibilité horaire, formation continue structurée, parcours d’association plus lisibles. La digitalisation des tâches à faible valeur ajoutée libère du temps pour le conseil, ce qui rend le quotidien plus stimulant pour les jeunes diplômés. Vous envisagez de rejoindre un cabinet ? Interrogez-vous sur ce que vous recherchez : proximité client, expertise pointue, environnement international, équilibre de vie… Le marché est suffisamment vaste pour permettre de trouver un modèle adapté.

À moyen terme, l’enjeu est aussi de mieux communiquer auprès des entreprises sur la diversité des services proposés par les experts-comptables. Selon l’Observatoire de la profession comptable, 88 % des dirigeants estiment que les cabinets devraient mieux mettre en avant leurs compétences au-delà de la comptabilité : stratégie, financement, digitalisation, RSE, etc. C’est en valorisant cette dimension de partenaire global du dirigeant que la profession renforcera à la fois son attractivité et sa capacité à recruter.

Comparaison internationale : positionnement de la france en europe

Comparer le nombre d’experts-comptables en France avec celui de nos voisins européens permet de mieux situer notre modèle. La France se distingue par une profession fortement réglementée, avec un monopole légal sur certaines missions comptables pour les experts inscrits à l’Ordre. Dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, le marché est plus ouvert, avec une plus grande variété de statuts et de certifications. Cela se traduit souvent par un nombre plus élevé de professionnels apparentés, mais une structuration moins homogène de la profession.

En termes de densité, la France se situe dans la moyenne européenne, avec un nombre d’experts-comptables rapporté à la population comparable à celui de l’Allemagne ou de l’Italie. En revanche, la part des grandes firmes internationales dans le chiffre d’affaires global est plus élevée dans certains pays anglo-saxons, où les Big Four dominent davantage le marché du conseil et de l’audit. En France, la présence d’un tissu très dense de cabinets indépendants et régionaux permet de maintenir un fort ancrage local.

Sur le plan de la formation, le cursus français DCG/DSCG/DEC est l’un des plus exigeants d’Europe, ce qui garantit un haut niveau de compétence mais peut aussi freiner l’augmentation rapide du nombre d’experts-comptables. À l’inverse, certains pays privilégient des voies plus courtes ou plus flexibles, avec une part plus importante de certifications professionnelles continues. Pour les cabinets français, cette exigence représente un atout en termes de crédibilité auprès des investisseurs, des banques et des autorités de régulation.

Enfin, la France se positionne comme un acteur dynamique sur les sujets de digitalisation et de conseil aux PME, avec une forte progression des plateformes d’expertise comptable en ligne. La capacité de la profession à conjuguer proximité territoriale, haut niveau de technicité et innovations numériques sera décisive pour renforcer encore son rôle en Europe. Au-delà du simple comptage du nombre d’experts-comptables en France, c’est bien la qualité de leur intervention et leur adaptation aux transformations économiques qui feront la différence dans les années à venir.

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